HISTOIRE DE LA RÉGION

La Municipalité du district d’Argyle, qui constitue aujourd’hui à peu près la moitié du comté de Yarmouth, Nouvelle Écosse, est une région jouissant d’ une riche histoire et culture acadienne. Avant 1755, la localité actuelle d’Argyle se situait à l’intérieur de Cap Sable, un secteur qui longeait la côte sud ouest de la province, à peu près à partir de ce qui correspond maintenant à Yarmouth (Cap Forchu) jusqu’à Baccaro dans le présent comté de Shelburne.
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Les premiers colons francophones sont arrivés à Cap Sable au cours des années 1640 et ils se sont établis dans les environs de ce qui est aujourd’hui Central Chebogue dans le comté de Yarmouth. Au moment de la Déportation (1755 à 1763), plusieurs petites localités avaient vu le jour le long de ce littoral, dans les endroits aujourd’hui appelés Chegoggin, l’île Robert, Argyle, Argyle Head, Tusket Falls et Pubnico Est, tous situés à l’intérieur du comté actuel de Yarmouth.

Pubnico a été fondé en 1653 par Philippe Mius d'Entremont, venu en compagnie de son épouse Marie Hélie et de leur fille aînée, amenés de France par Charles de LaTour. Mius d'Entremont a établi son premier domicile dans ce qui est maintenant Pubnico Est, où certains de ses fils et descendants sont demeurés. Au fil des années, toutefois, le père semble avoir vécu en diverses occasions à Annapolis Royal et il a passé ses derniers jours à Grand Pré, domicile de l’une de ses filles.

Les autres descendants de Mius d'Entremont se sont dispersés de façon analogue, comme toutes les familles le font, dans des endroits plus à l’écart de leur foyer ancestral. Un siècle plus tard, les descendants de Mius d'Entremont étaient éparpillés tout le long de la côte de Cap Sable, y compris dans les localités contemporaines de Barrington et de Baccaro. Certaines branches de cette famille ont utilisé le patronyme d’Entremont, tandis que d’autres ont adopté les noms de famille Mius, Muise ou Meuse.

Déportation et retour des Acadiens

L’histoire des Acadiens d’Argyle a été façonnée par la guerre à tiraillements séculaire entre la France et la Grande Bretagne pour le contrôle du territoire aujourd’hui devenu les provinces Maritimes canadiennes. Au début des années 1600, des explorateurs français ont établi les premiers établissements européens permanents dans la colonie qu’ils ont baptisée Acadie, qui englobait la majeure partie de la Nouvelle Écosse actuelle et de l’Île du Prince Édouard ainsi que des parties du Maine et du Nouveau Brunswick. Durant les 100 premières années de l’établissement des Acadiens, les guerres entre la France et la Grande Bretagne les ont amenés à se retrouver à différents moments sous une domination coloniale française ou britannique. On estime que 10 000 Acadiens habitaient dans diverses régions de la Nouvelle Écosse en 1755.

Les Britanniques ont acquis le contrôle de la colonie avec la signature du traité d’Utrecht en 1713 et ils ont rebaptisé le territoire Nova Scotia, ou Nouvelle-Écosse. Les Acadiens souhaitant demeurer où ils avaient vécu pendant des décennies devaient prêter un serment d’allégeance au monarque britannique. Même si leur neutralité politique était reconnue, c’était la première fois qu’on leur demandait de définir leur loyauté politique. On leur permettait le « libre exercice de leur religion », mais ils n’étaient pas autorisés à voter, à exercer une charge ni à faire partie de l’armée. La majorité des Acadiens ont, parce qu’ils souhaitaient entretenir de bonnes relations avec les Français et les Britanniques, accepté de prêter le serment à la condition qu’ils n’aient pas à lever les armes contre les Français en cas de guerre.

Avec la hausse des tensions entre la France et la Grande Bretagne en Europe et en Amérique du Nord au cours de la première moitié du 18e siècle, la neutralité des Acadiens fut de plus en plus remise en question. Les dirigeants britanniques redoutaient la menace que posait cette présence française catholique importante en Nouvelle Écosse ainsi que leur amitié avec les Mi’kmaq, qui appuyaient à leur tour les Français.

À la suite du retour de la forteresse de Louisbourg à la France, une condition du traité d’Aix-la-Chapelle en 1748, les tensions ont grimpé. Une étincelle mit le feu aux poudres en 1755 dans la région frontalière séparant les territoires britannique et français sur l’isthme de Chignecto (frontière actuelle entre la Nouvelle Écosse et le Nouveau Brunswick). Le 4 juin 1755, les Britanniques aidés de 2 000 combattants volontaires de la Nouvelle Angleterre ont mis le siège devant le fort Beauséjour. Plusieurs centaines d’Acadiens de la région avaient été persuadés d’abandonner leur neutralité et de combattre aux côtés des soldats français pour défendre le fort. Deux semaines plus tard, les Français ont été forcés de se rendre.

Peu après, le 28 juillet 1755, le gouverneur Charles Lawrence ordonna la déportation des « habitants français » de la colonie de la Nouvelle Écosse. L’opération, qui débuta en 1755 et se poursuivit durant plusieurs années, a été appelée par les Acadiens « le Grand Dérangement ».

horse carriageDans le Sud Ouest de la Nouvelle Écosse, les communautés de Cap Sable ont brièvement été épargnées, sans doute parce qu’elles étaient relativement isolées et moins peuplées que les centres plus importants de Grand Pré, d’Annapolis Royal et de Pisiquid (Windsor). Certaines communautés n’ont pas fait l’objet de descentes avant 1756 et Pubnico est demeuré intact jusqu’en 1758. Lorsque les Britanniques sont arrivés pour déporter les familles acadiennes, certaines familles de la région ont été directement envoyées au Massachusetts, tandis que d’autres ont d’abord été conduites à Halifax, puis ont été exilées en France.

Constitution en municipalité du canton d’Argyle

Les premiers colons de la Nouvelle Angleterre (les Planters) sont arrivés dans le Sud Ouest de la Nouvelle Écosse trois ans après la proclamation du gouverneur Charles Lawrence invitant des colons anglophones dans la colonie en 1758. On leur promettait, entre autres incitatifs, la création et la dénomination de cantons une fois que la population d’un secteur se chiffrerait à 50 familles.

En juin 1762, lors de la réalisation du premier recensement de la Nouvelle Écosse, deux petits établissements de Planters s’étaient formés dans ce qui constitue aujourd’hui Argyle, à Abuptic (Argyle actuelle) et à Pubnico. Ils totalisaient 22 ménages. Même si le nombre de colons anglophones a augmenté au cours des années qui ont suivi, l’augmentation a été relativement modeste au cours de la première décennie, car un certain nombre des ménages dénombrés en 1762 ne sont pas demeurés en place en permanence.

Le canton d’Argyle a officiellement été constitué par l’Assemblée législative provinciale en 1771; on peut donc supposer qu’il avait alors atteint le minimum exigé de 50 familles ou ménages – seuil qui a été atteint une fois que les familles acadiennes ont commencé à revenir dans la région après 1767.

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